Agri4D GPS : L'agriculture du XXIème siècle grâce au Mac ! (3)

• Lundi 30/05/2005  • Lu 8370 fois

Note : 3.2/5 (34 notes)

Le logiciel Agri4D GPS (pour Mac OS X) est impressionnant et démontre la qualité des logiciels verticaux sur Mac. Grâce à ce soft, un céréalier, un vigneron ou un arboriculteur peut faire l'arpentage de ses surfaces agricoles très précisément grâce à une réception GPS professionnelle. Agri 4D GPS ne se contente pas de l'arpentage mais peut aussi optimiser de manière importante les exploitations agricoles en calculant le rendement de production de chaque zone des parcelles agricoles en fonction de plusieurs paramètres dont bien sûr la quantité récoltée dans chaque zone (grâce à un capteur installé sur une moissoneuse-batteuse par exemple) mais aussi l'altitude ! Outre l'analyse après récolte, Agri4D GPS permet, grâce à des dispositifs techniques installés sur les machines agricoles, de varier automatiquement la quantité de semis à planter en fonction de la fertilité de chaque zone. La carte ci-dessus représente un champ agricole, les différences de couleur correspondent à des rendements agricoles et permettent d'obtenir la localisation des zones du champ les plus fertiles.

MacGestion : Pourquoi un logiciel GPS en agriculture ?

Patrick Delécluse : Dans l'agriculture, vous avez une obligation de déclarer les surfaces cultivables. Par exemple si un jour il y a une taxe sur le gazon, vous serez obligé de mesurer la surface du gazon dans votre jardin, et bien sûr uniquement la surface du gazon, sans l'allée, la maison, le garage, etc... Dans le milieu agricole, notamment céréalier, il en est de même. Dans les années 90, avec la baisse des prix agricoles (les prix ont été divisés par trois !!), l'Europe a instauré la PAC (Politique Agricole commune) pour compenser ces baisses de prix, parce-que, contrairement à ce que tout le monde pense, la PAC n'a pas une politique de subvention mais une politique de primes compensatoires à la baisse des prix.

MG : Comment sont attribuées ces primes compensatoires ?

Ces primes compensatoires ne sont attribuées bien sûr qu'aux surfaces cultivées. Donc, si le cadastre (datant de Napoleon) est faux ou s'il y a une forêt qui déborde sur votre champ, il faut en tenir compte dans le calcul de la surface cultivée. Et l'administration française est particulièrement pointilleuse (et coriace) dans la vérification de ces surfaces. Les fonctionnaires de l'administration sont également équipés de GPS, ils font le tour de l'exploitation, enregistrent toutes les données et il vous donnent le résultat. Le problème est que les exploitations agricoles sont grandes et des erreurs et interprétations différentes peuvent être possibles. Les exploitants agricoles qui veulent être autonomes peuvent faire appel à nous. Nous faisons alors un arpentage (c'est à dire que l'on monte avec eux dans le tracteur avec un iBook et un récepteur GPS (environ 10 000 euros) très précis puisque celui-ci a une précision de + ou - 25 cm. Si vous faites un pas à droire, le recepteur GPS l'enregistre !). On fait donc le tour du champ avec l'exploitant et au fur et à mesure la carte du champ se construit sur l'écran de l'iBook. A la fin de la journée, il a donc un fichier "data" de son champ avec un logiciel qui lui permet d'affiner le calcul de la surface.

MG : de l'affiner ?

Si par exemple, lors du tour du champ avec le tracteur, il y a un arbre qui vous gêne, vous devez bien sûr en faire le tour. Mais si l'exploitant agricole doit arracher cet arbre dans la semaine, il faut qu'il puisse faire une légère correction sur le tracé et le calcul de surface. Pour cela, avec le logiciel, il peut modifier directement le tracé (carte vectorielle). Vous pouvez faire aussi des regroupements de champs si vous voulez visualiser votre exploitation complète, et vous avez également la possibilité de placer des éléments comme des arroseurs.

MG : L'exploitant, par ce biais, peut optimiser ses plantations ?

oui bien sûr. Par exemple, un arboriculteur (NDLR producteur de fruits) peut choisir l'orientation de ses rangées d'arbres fruitiers en fonction du terrain. Avec l'orientation choisie et l'écartement voulu par l'exploitant entre chaque rangée, on va pouvoir lui définir son nombre de rangées et d'arbres optimum.

MG : Vous vendez autant un service qu'un logiciel avec ce produit?

Oui, nous faisons, avec l'exploitant, le calcul de ses surfaces (l'arpentage) et nous lui donnons donc la carte vectorielle et les données qu'il va pouvoir exploité grâce au logiciel.
Certains clients peuvent par exemple aussi équiper leur moissoneuse-batteuse qui leur permet de faire une carte de rendement de leur champ. C'est à dire que vous pouvez visualiser le niveau de rendement de chaque zone du champ.

MG : Comment est-ce calculé ?

En fait, la moissoneuse, en plus du GPS, est équipée d'un capteur de rendement. C'est donc le poids de la récolte qui est évalué en fonction de sa zone géographique définie par le GPS. A l'issue de toutes ces mesures, on quadrille le champ. Par exemple, une moissoneuse coupe le champ avec une barre de coupe disons de 4 mètres de large. Le dispositif va également prendre une mesure tous les 4 mètres de long, on se retrouve donc avec des zones de 4 m2. La carte du champ est donc quadrillée de ces zones de 4 m2 qui comporte chacune une valeur, ce qui nous permet de dessiner à l'écran la courbe de niveau. Comme vous pouvez le voir sur la carte, chaque couleur correspond à un rendement différent. Le GPS enregistre chaque coordonnée d'une zone (latitude, longitude, altitude), le client peut donc également faire un comparatif du rendement de ses zones selon l'altitude.

MG : Ce service/logiciel GPS représente un partie importante de vos ventes ?

non, peu en fait, parce-que ce marché est dominé par les constructeurs de moissoneuses qui vendent le GPS (et contrôleur de rendement) directement avec leurs machines.

MG : L'intérêt de ces calculs de rendement est vraiment important pour l'exploitant ?

oui, le but principal est de diffuser ensuite une bonne quantité d'engrais dans les zones qui en valent le coup et d'optimiser les épendages. Quand vous avez par exemple des zones très fertiles (on peut donc le savoir grâce au GPS et au contrôleur de rendement), on peut, au moment de diffuser l'engrais, mettre un dispositif sur l'épendeur d'engrais qui va faire une modulation de la diffusion d'engrais. Vous allez donc économiser de l'engrais là où il y en a pas besoin.

MG : Vous avez là une technologie très efficace !

oui, même si le marché évolue peu à cause des constructeurs de moissoneuses qui la vend directement avec ses machines, c'est quand même une démonstration de nos technologies logicielles. Cela donne une certaine image de marque à notre gamme, la concurrence Windows est loin derrière nous dans ce domaine! Surtout que nous pouvons encore moduler les résultats avec beaucoup d'autres paramètres (le rendement de l'année précédente, l'analyse du sol...). Et ce qui est important, c'est que l'on peut rentrer des paramètres différents dans chaque zone, ce qui permettra ensuite de faire un épendage d'engrais ou de produit très précis selon les zones. Puisque le GPS peut aussi fonctionner "à l'envers", c'est à dire que plutôt que de récolter des données, il peut "donner des ordres" en fonctions de coordonnées GPS, par exemple ouvrir un verrin électrique dans telle zone, le fermer dans telle autre zone.

MG : En dehors de l'engrais, je suppose que cette technologie peut servir aussi pour le semage ?

oui, tout à fait. Là aussi, en fonction de la fertilité des zones, on peut moduler la quantité de semis. Dans une zone peu fertile, on sémera peu, par exemple, pour que les pieds soient plus résistants.

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